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Carine-Noushka
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25 mars 2013

Dernier portrait d'un GB?

Non-non, pas d'un anglais bien sûr mais d'un...

...Gros bec casse-noyaux mâle!
Coccothraustes coccothraustes
 Passeriformes - Fringillidae

 El Picogordo macho

The Hawfinch male

Impossible de le prendre autrement que de face, mais sa tête dorée le distingue de la femelle, voir [ICI...].





Très calme mais toujours en alerte, alors j'en ai fait son portrait... comme Prévert...





N'a-t-il pas bonne mine??!!!






Lire ou relire, en le savourant sans modération, ce merveilleux poème d'un grand monsieur.
Sans aucune ponctuation, comme le Souffle même de mère Nature; l'haleine suspendue dans l'admiration et l'émerveillement d'un tour de magie...

Pour faire le portrait d'un oiseau

Peindre d'abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau
placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger...
Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il faut pendant des années
la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau
n'ayant aucun rapport
avec la réussite du tableau
Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
Faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
Alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

Jacques PREVERT

13 janv. 2011

Le jardin nostalgie...



Seule sur le banc, j'attendais. J'attendais, assise,
Perdue dans la froidure, en cette saison de mise!
La place semblait déserte, le premier merle chantait.
Le brouillard transperçait l'esprit et m'envoûtait!

Soudain il apparut, élancé, chapeauté,
Cet homme en habit mordoré et dans ses yeux
Un sourire si rare, un sourire d'une beauté
Transcendée, intemporelle, d'un éclat radieux!
L'apparence, le regard du poète Jean Ferrat,
Troubadour romantique et rêveur, m'interpellent.
Avec ses cheveux blancs et l'air d'un ménestrel
Il marche joyeux comme sur un air d'opéra.
Son regard un instant se fige sur cette dame
Qui vient à sa rencontre et ne sait pas encore
Qu'il va la reconnaître. Leurs visages en accord
Se contemplent. Ils murmurent quelques mots cryptogrammes.
Pourquoi mon attention était-elle si tendue?
J'observe et tout d'un coup ce geste inattendu...
 
Sa main gauche se lève: il retire son chapeau!
Dans ce geste tout est là. L'émoi à fleur de peau
Je me sens attendrie, mon cœur est défaillant
Ce geste insignifiant est pourtant bouleversant.

De ce si bref échange, je n'ai rien entendu
Quelques mots murmurés puis d'un air entendu
Déjà ils se séparent, un sourire sur les lèvres...
Il remet son chapeau. Cet homme est un orfèvre!

Noushka
11 Janvier 2010

4 janv. 2011

Les 9 Consciences du Malfini

J'ai trop aimé son livre pour ne pas en parler!

Patrick Chamoiseau, "l'Oiseau de Cham", est né le 3 décembre 1953 à Fort-de-France en Martinique.
En 1986 il publie son premier roman, Chronique des sept misères puis le second, Solibo magnifique (1988). C'est par son troisième que Chamoiseau éclate sur la scène internationale, avec Texaco (1992), qui lui vaut le prix le Prix Goncourt.



 Résumé du livre
 
Un Malfini, grand rapace assuré de sa magnificence, découvre un jour l'existence du plus petit des colibris, le Foufou, qui vient de s'échouer sur son aire. Il n'avait jusqu'alors jamais prêté attention à de pareilles insignifiances. Ni pris la mesure d'une si profonde altérité. Sidéré par la découverte de cette petite créature, le terrible prédateur va se retrouver en dérive dans l'incompréhension, le mépris, la haine, le doute puis… l'admiration souffrante. L'infime colibri affrontera seul une menace écologique, colossale et incompréhensible, tandis que le grand rapace va s'interroger sur la différence, le territoire, la culture, le langage, le rapport au monde, explorer la nature exacte de la puissance, de la grâce ou de la beauté. Puis, ce maître des vents va remettre en question son existence elle-même, jusqu'à engager sa puissance au service de l'insignifiante créature et affronter à ses côtés le lent désastre qui se profile... C'est une poétique du vivant, pleine de tendresse, d'amour, d'humour, qui s'empare de la conscience écologique...

* * * * * * *
Ce roman-ci est d'une incroyable beauté par la magie de ses mots, son éloge de la Nature et du relationnel entre les espèces vivantes de notre planète.
Au premier degré c'est la très belle histoire d'un Aigle qui découvre la vie des Colibris!
L'écriture est simple, belle, innovante et hautement symbolique et peut être comprise à bien des niveaux... les 9 consciences du Vivant!
Mais sa pensée pénètre le monde ésotérique, menant aux questions les plus philosophiques et fondamentales que nous nous posons tous!

A un autre degré, Chamoiseau nous entraine joyeusement dans la quête à laquelle nous aspirons tous! Son ouvrage évoque clairement l'alchimie: la quête du Grand Œuvre qui remonte à la nuit des temps pour offrir l'Immortalité spirituelle qui tend vers la réunification de la matière encore divisée de la Création (Minéral, Végétal, Animal...) symbolisée par:

L'Œuvre au noir
sous le signe de Saturne représentant la mort, la dissolution

L'Œuvre au blanc

sous le signe de la Lune, soit le Petit Œuvre: spiritualisation du corps

L'Œuvre au jaune
sous le signe de Vénus: la sublimation

L'Œuvre au rouge sous le signe du Soleil, soit l'incarnation de l'esprit: le Grand Œuvre, accomplissement de l'âme devenue "or" et préfigurant le chemin du développement de l'âme humaine au sein des mondes de matières, de vibrations, de différentes dimensions... une analogie entre alchimie et travail spirituel intérieur!

3 janv. 2011

En hommage à Patrick Chamoiseau...


...pour son livre magnifique:


A lire absolument par les passionnés du Monde Vivant, de Nature et de belle écriture!

La renaissance du Phœnix

De nymphes en chrysalides, comme renaît un phœnix,
J'administre ce monde d'une immense suffisance,
Cette engeance mystérieuse et sans signifiance.
Rien ne peut échapper à mon regard d'onyx.

Je suis.

Afin de concevoir, de me préfigurer
L'infime microcosme étalé sous mes yeux,
En chandelles aériennes je me lance, armuré
dans ma gloire invincible, immiséricordieux!


Je suis...

Je suis l'être parfait. Je suis un immortel!
La divine grâce de mes dentelles irisées
Fait jaillir le soleil, et toutes les étincelles
Glorifient de lumière mon être éthérisé!

Et soudain...

Je survole, j'évolue... je suis comme l'oiseau!
Comme l'aigle j'observe, je scrute les environs
Et soudain je la vois survolant un ruisseau
A peine plus imposante qu'un vulgaire moucheron!
J'hésite...

Elle est pourtant bien là... Je n'ai pas la berlue!
La petite éphémère de fleur en fleur s'affaire!
Posé sur une branche je la considère
Avec grande attention: elle semble si résolue!
J'hésite!

Ne m'aurait-elle point vu? Que fait la demoiselle?
M'ignorant royalement, couverte de pollen
Elle s'agite et besogne comme une gyroselle,

De corolles en corolles de fine porcelaine...

Je comtemple!


Elle oeuvre méthodique avec obstination...
Admirable entêtement et zèle inattendu
Retiennent finalement toute mon attention!
A s'acharner ainsi elle m'a convaincu.
Je contemple!

La nature moribonde, comme sur un lit de mort,
Agonisait lentement et je n'avais rien vu...
Les facettes de mes yeux à l'infini explorent!
Tout renaît, tout s'éveille... petite je te salue!

Je ne sais plus rien!

Ton Savoir, ta Sagesse... Ton Grand Œuvre accompli,
Tu vacilles, tu chancelles, je te vois affaiblie,
Impuissant, misérable, pauvre diable que je suis.
Achevé ton combat... mais ton âme survit!

J'apprends!
 

Ma folie vaniteuse a voilé ma vision!
Humble, silencieusement je suivrai ton action
Nouvellement initié, je retrouve mon maître
Je m'engage vers le Feu, le destin de tout Etre!


Noushka
02 Janvier 2011

8 déc. 2010

Hommage à une poétesse qui se reconnaitra!

Soleil pâle...

Les lignes arborescentes ondulaient par rafales
Sous l'effet aquatique d'une brise hivernale.
Le soleil tamisé se reflétant dans l'onde,
Captait l'envers des arbres, créant un nouveau monde.

De cette contemplation lascive et hypnotique
Mon regard furtivement se trouvait prisonnier
Me rendant insensible aux emblèmes chaotiques,
Mais de Dame Nature sûrement associée.

Les courbes sinueuses agitées par la brise
Avec les vaguelettes tout doucement se brisent.
Insidieusement le paysage se meurt,
Pour un temps sont perdus... les Océans de Fleurs!


Le lac, à demi gelé:



Ces photos ne sont pas en noir et blanc!

Noushka

3 déc. 2010

A poem to the last dragonfly...

A l'attention d'OcéandeFleurs qui a gentiment émis le souhait de lire un de mes poèmes et qui en publie régulièrement sur son blog qui sont de vraies merveilles! :

La dernière libellule


L’été s’enfuit devant la nouvelle saison,
La nature traîtresse de l’automne félon
Bouleverse les couleurs et l’écrin de verdure...
Puis s’installe Septembre qui non plus ne perdure.

Elle est bien lasse, l’ultime libellule mordorée
Réfugiée sur une tige dans les feuilles dorées,
Gracieusement perchée sur ses fines pattes noires,
Son corps d’ocre élancé et ses grands yeux miroir.

L’exquise brunante délaisse la berge asséchée,
Elle a pondu ses œufs dans les joncs éméchés.
Au creux des trois collines, doucement s’engourdit
Le lac et ses eaux calmes, promesse de la Vie.


D’un doigt léger j’effleure tes ailes de cristal,
Subtilement mon âme frôle ton éternité.
De tes cendres au printemps renaîtront tes vestales
Poursuivant le chemin de ta pérennité.

Noushka


Sympetrum striolatum

Sympetrum meridionale:

Noushka

Ps: Demain, suite des photos de Goupil!

25 juil. 2010

Perceptions...

Early morning with dancing dragonflies!

Le matin des libellules
 
Les eaux sont calmes elles patientent, lisses et sereines.
La barque m'attend la-bas, immobile sous le chêne.
La lumière chasse la nuit, soulève le silence
Avec une grande douceur en illumine l'ambiance.
 
L'ombre incertaine résiste et s'étire sur l'étang,
Mais l'éternel duel ne dure qu'un instant!
Imperceptiblement les chansons des oiseaux
se font écho... des bois à la surface des eaux.

Rien ne bouge et pourtant les insectes frissonnent
A la pointe des joncs. D'infimes décibels

Trahissent le silence et l'éclat de leurs ailes

Eblouit le regard... L'heure sonne, si belle!
Je me suis retournée vers la berge éclairée,
Apercevant enfin le vol furtif d'une belle:
Une libellule patrouille, déjà bien éveillée!

Une tourterelle roucoule et passe à tire d'ailes.

Suspendue dans la brume, la magie du moment
Dévoile le miracle d'un ballet débutant:

Des milliers de dentelles dansent au-dessus des eaux

Agitant le miroir d'éphémères anneaux!
 

Par Noushka

Libellula depressa:
Libellule déprimée, femelle

Mâle:


Noushka