Le venin d'une des araignées les plus toxiques du monde peut aider à sauver les abeilles de notre planète, fournissant un biopesticide qui tue les pestes mais épargne les pollinisateurs, d'après une étude de mercredi dernier.
Les populations d'abeille, tant sauvages que captives, sont en déclin en Europe, aux USA et en Asie pour des raisons que les scientifiques ont encore du mal à comprendre mais ils soupçonnent les pesticides industriels d'être les coupables.
L'année dernière, les scientifiques ont affirmé que certains pesticides, supposés protéger les récoltes ou les ruches, peuvent brouiller les circuits cérébraux des abeilles, affectant leur mémoire et leurs capacités de navigation qui leur servent à trouver la nourriture, menaçant des ruches entières.
Depuis, l'UE a interdit
provisoirement certains de ces produits chimiques. Mais une équipe
menée par l'Université de Newcastle, Angleterre, a constaté qu'un
biopesticide élaboré avec une toxine du venin d'une araignée
australienne - tisseuse d'une toile en forme d'entonnoir - et une
protéine de la fleur de Perce-neige, était inoffensif pour les
abeilles.
"L'administration aux abeilles de doses extrêmes et à long
terme, au-delà des niveaux qu'elles ne pourraient
jamais rencontrer dans la nature… n'avait qu'un effet très léger
sur leur survie et aucun effet mesurable sur leurs capacités
d'apprendre ou de mémoriser" extrait d'une déclaration
de l'Université.
Ni les abeilles adultes ni les larves n'ont été
affectées, d'après l'étude publiée dans le journal de la Société
Royale B., Proceedings of the Royal Society B.
Il a précédemment montré que le biopesticide n'était pas nuisible pour les humains, malgré la très forte toxicité pour un grand nombre de pestes concernées.
Les abeilles représentent 80 pour cent des insectes qui pollinisent les plantes. Sans eux, beaucoup de récoltes seraient dans l'incapacité de produire des fruits ou devraient être fécondées avec du pollen à la main.
L'Organisation Alimentaire et Agricole (FAO) affirme que les pollinisateurs contribuent au moins à 70 pour cent des principales cultures destinées à l'homme.
La valeur économique de la pollinisation a été évaluée à 153 milliards d'euros (208 milliards de $) en 2005.
"
Il n'y aura pas de solution miracle" a dit le co-auteur de l'étude Angharad Gatehouse.
"Ce dont nous avons besoin est une stratégie intégrée de la gestion des pestes et ces pesticides ciblés en feront partie."
Article paru dans
Phys.org, mercredi 04 juin 2014
Spider venom may save the bees
Dolomedes sp.
Pisauridae
Rien à voir avec les araignées mentionnées dans l'article ci-dessus, celle-ci vit et chasse sur la surface de l'eau dans les ruisseaux lents et points d'eaux stagnantes: